Les nouvelles de là-bas

Dernières nouvelles (au téléphone le 12-10-2019)

Cledner nous a appelés samedi soir. Il voulait nous dire deux choses :

  • il n’arrive pas à recevoir l’argent. Le pays est complètement paralysé, non seulement par le manque de carburant, mais aussi par le manque de financements : les banques ne donnent pas plus de 5 000 Gourdes (50 USD) en monnaie locale ou 100 USD en monnaie américaine. Les conséquences sont graves parce que les gens n’ont plus accès à leurs économies. Pour un enterrement, par exemple, on ne peut sortir l’argent. Quant à la santé, l’hôpital lui-même manque de moyens : plus de pansements, de médicaments, de matériels…
  • Il voudrait bien que notre président Macron ne soutienne pas le président Jovenel Moïse qui ne représente pas le peuple haïtien puisque seulement 20% de la population était allée voter. Le départ de leur président c’est ce que réclame la majorité de la population qui manifeste contre la corruption depuis plus d’un an.

Pour l’école : contrairement aux grandes villes où elles sont fermées à cause du climat de violence, l’école Union des Amis fonctionne, mais avec un effectif limité : seulement 70 élèves sont présents. Souvent, c’est parce que les parents ne peuvent même pas acheter l’uniforme. L’espoir que la situation s’améliore est bien faible, mais chacun se débrouille comme il peut. « Il n’y a pas le choix, on doit continuer… »

____________________________________________________________

Le pays est toujours bloqué (4-10-2019)

Vous pouvez en savoir plus sur la page de l’actualité du pays. Dans les villes, c’est le chaos, il n’y a plus de carburant, les gens ont peur de sortir. Les écoles restent fermées. Eugénie, une religieuse qui était venue étudier la pédagogie à Angers me dit que son pays n’a jamais été aussi bas. Dans la zone de l’école Union des Amis, c’est moins violent que dans les grandes villes. L’école Union des Amis fonctionne, mais risque de fermer par solidarité.

La vie est très chère et les gens se sentent mal : les déplacements sont quasiment impossibles, le gallon d’essence (3,8 litres) est passée de 225 gourdes (2,18 €) à 1 000 (9,68 €) et même 2 000 gourdes (19,36 €).  Les banques sont fermées, il n’y a plus d’argent… Pour Cledner, Haïti est dans un trou ! Tout le monde est d’accord pour refuser la présidence de Jovenel Moïse qui a permis à la corruption de s’étendre en toute impunité, et amener le pays à la faillite. Les gens n’ont plus rien à perdre et quitte à mourir, plutôt mourir debout d’une balle que mourir de faim dans son lit…

Et cette situation est passée sous silence chez nous. Les « grandes puissances » ne jouent pas leur rôle parce qu’elles ne sont pas d’accord : les Etats-Unis et le Brésil soutiennent le président Jovenel Moïse, le Canada et la France demandent sa démission… Pour Cledner, tant que son pays ne sera pas en mesure de fonctionner indépendamment, ça ne marchera pas.

Et malgré tout, on continue de vivre et de lutter. La zone de l’école a permis à beaucoup de gens d’être formés et de mieux comprendre la situation. Cledner nous dit à chaque conversation téléphonique que l’éducation est ce qu’il y a de plus important pour les jeunes et qu’il ne se fatigue pas de remercier l’association Timoun Lekòl pour ce qu’elle a permis de réaliser…

__________________________________________________________

Des nouvelles pas si bonnes… (17-09-2019)

Suite à notre dernière newsletter, nous avons reçu une réaction d’un ami français installé en Haïti. Cela nous a incités à vous parler un peu plus de la situation en Haïti. Nous risquons de retrouver le pays à la une de l’actualité à cause de la violence qui s’y développe.

Bonjour. Toujours sympathique de lire vos messages mais la situation est plus grave que ce que vous décrivez dans vos news. Le pays est dans une crise qui n’augure rien de bon. Violence, barrages, jets de pierre sur les véhicules, impossible de se rendre au travail dans toutes les villes le sentiment de révolte et de volonté de faire tomber le gouvernement. Le taux de la gourde a passé le cap de 100 gourdes (HTG) pour 1 Dollar (USD) et il n’y a plus de carburant depuis 15 jours. Allez sur les sites du Nouvelliste du National ou Haïti Libre. Je crains vraiment qu’un climat d’insurrection ne se libère dans les prochains jours. En tout cas oubliez la rentrée des classes pour le moment. Bises à vous

Jean-Marie, qui nous a envoyé ce message en réponse à la dernière newsletter, connaît bien ce pays où il s’est installé depuis longtemps. Il l’a découvert dans le Nord-Ouest, au cours d’un chantier auquel je participai moi aussi en 1978.

Il sera d’accord pour dire avec moi que c’est un pays plein d’espoirs, avec de grandes ressources humaines gaspillées par des dirigeants qui servent davantage leur intérêt personnel que celui de la population. La corruption est facilitée par l’impunité d’une justice absente…

Depuis, rien n’a évolué, les magouilleurs continuent en toute impunité… Après le Président producteur de bananes, qui aurait détourné des fonds à son avantage, c’est le premier ministre qui est suspecté d’avoir vendu des chèvres au gouvernement en les surévaluant.
La crise que subit Haïti, nous vous en avons parlé au début de l’année. Bernard avait fait un résumé de ce que l’on appelle « les fonds PetroCaribe ».

En juillet, des députés ont vandalisé leur local pour marquer leur opposition au président Jovenel Moïse, certains refusant de ratifier la nomination du premier ministre Fritz William Michel. En septembre, des opposants accompagnés de sénateurs ont saccagé le matériel du sénat…

Il faut dire que le pays n’est pas géré : plus de carburant, cela veut dire plus de transports… des bagarres aux stations services ou aux lieux d’approvisionnement… Mais comme en Haïti, il n’y a pas de problèmes, il y a des solutions, on trouve le carburant au marché noir. Des motos-taxis vont faire le plein en République Dominicaine et revendent à prix fort (multiplié par 3), avec tous les risques que ça comporte : deux jeunes sont morts dans l’explosion de leur chargement, une maison a été incendiée à cause d’un bidon d’essence stocké à l’intérieur.

Les manifestations se déroulent dans tout le pays, et même à Port-de-Paix, une ville du Nord-Ouest isolée par le manque de routes, peu habituée aux violences : des pneus enflammés, des bus en travers des routes…. La répression est forte et la police aurait tué un jeune manifestant à Port-au-Prince, en réponse à des jets de pierre. Dans le Sud du pays, un journaliste a été blessé à l’arme blanche, pendant qu’il tentait de traverser une barricade avec plusieurs autres collègues journalistes. La police n’a effectué aucune arrestation, alors que les assaillants ont été identifiés, dénonce l’Association des journalistes du Sud-est, qui condamne avec la dernière rigueur cette agression.

Comme dit Jean-Marie, les écoles restent fermées : l’insécurité et la situation économique en sont les causes principales. En ville, les parents ont peur d’y envoyer leurs enfants et pour beaucoup, les revenus ne leur permettent pas d’assurer les frais de scolarité et de fournitures scolaire.

A l’école Union des Amis, les professeurs se sont réunis à partir du 9 septembre et ont accueillis 2 élèves… Hier, ils en avaient 4… La rentrée est compromise pour tous les élèves, même si dans les mornes, c’est plus calme.

Au Cap Haïtien hier (lundi 16 septembre), les professeurs des écoles d’Etat ont refusé l’ouverture des écoles privées parce qu’eux n’ont pas reçu leurs salaires depuis des mois et ils veulent faire pression sur le gouvernement pour les obtenir. Certaines écoles privées avaient ouvert aux élèves « en couleur » c’est-à-dire sans uniforme pour éviter le risque d’agression. Mais les parents ont peur et gardent leurs enfants.

Cledner nous explique que la population supporte mal que l’Etat ne paie pas les fonctionnaires, les agents de santé, les enseignants, alors qu’ils donnent des salaires ou des avantages énormes aux politiciens. Le premier ministre aurait donné des enveloppes aux sénateurs pour qu’ils ratifient son élection… Et la subvention donnée aux éditions Henri Deschamps, principal producteur de manuel scolaires, pour baisser le prix de vente, a été annoncée, mais n’a eu aucune conséquence sur le prix des livres et des cahiers.

Il nous parle de la honte qu’il ressent : toute cette méchanceté vient d’Haïtiens contre des Haïtiens. Et cela permet à des étrangers de profiter de la situation. J’ai trouvé dans la presse haïtienne l’éditorial d’un écrivain haïtien, Jean-Euphèle Milcé, que nous avons eu l’occasion de rencontrer et qui exprime ce sentiment de se sentir humilié.

Et pour la vie de tous les jours, tout se complique. Le gallon d’essence (3,78 l) est passé de 225 gourdes (2,5 €) à 1 500 (15 €). Le trajet en camionnette ou à mototaxi est passé de ce fait à 17 à 100 gourdes (1 €). Pour aller de St Louis du Nord à l’Anse à Foleur, c’est le double. Beaucoup de marchandes ne peuvent plus aller au marché ou sont obligées d’y aller à pied. L’approvisionnement se fait donc difficilement.

« Nous étions déjà arrivés très bas, mais aujourd’hui, c’est encore pire… »

Vous pouvez télécharger ce texte ICI.

_________________________________________________________

Rentrée 2019

Elle se prépare là-bas difficilement : le dérèglement climatique se fait sentir, les récoltes sont de moins en moins assurées. Les revenus des paysans diminuent et les frais augmentent : l’inflation monte toujours et la monnaie nationale, la gourde, perd de sa valeur.

Partout dans le pays, les écoles ont du mal à retrouver leurs élèves, les parents n’ayant pas les moyens de financer cette rentrée.

Malgré ça, les parents d’élèves de l’école Union des Amis s’investissent pour l’école : ils font tout leur possible pour que leurs enfants puissent être scolarisés. De plus, ils se sont mobilisés pour la maintenance du réseau d’eau pour l’école : remplacer des tuyaux, des vannes, des robinets. Cledner ne m’a pas dit combien se sont mobilisés, mais pendant 10 jours, 6 personnes se relayaient chaque jour pour assurer la main d’oeuvre. Un repas leur était servi. Un boss maçon spécialisé a reçu un « encouragement » de 500 Gourdes par jour. En février, ça représentait 5,62 € et aujourd’hui ce n’est plus que 4,75 €. Voilà un exemple de l’inflation de la monnaie.

___________________________________________________________

Bilan de fin d’année

Le dernier coup de téléphone échangé avec Cledner reste dans la ligne des précédents :

Les résultats de l’école ne se sont pas améliorés :

  • une déperdition du nombre d’élèves : sur 254 inscrits, 213 seulement ont « composé ». Cela veut dire que 41 enfants n’ont pu terminer l’année scolaire : soit parce que les parents avaient besoin d’eux pour travailler, soit parce que la situation économique était devenue trop précaire, soit parce que les enfants étaient démotivés…
  • les résultats ont été catastrophiques : sur 213 élèves qui ont fait les compositions fournis par l’état, seuls 107 ont eu leur moyenne. 50 % de réussite, c’est bien loin des 75 à 80 % habituels.

Dans tout le pays, la situation des élèves est similaire. Pour le brevet, beaucoup d’élèves ne sont pas allés chercher leur convocation : les frais sont trop élevés (payer 500 gourdes, l’équivalent de 5 euros, c’est souvent impossible), les enfants ne peuvent s’habiller correctement pour aller passer un examen.

Pour Cledner, la cause est multiple : la conjoncture politique : les enfants qui ont accès maintenant à internet avec les téléphones portables, ont des informations qui peuvent les perturber. Ils sentent les inquiétudes de leurs parents.

La situation économique : les parents passent plus de temps au marché pour essayer de trouver un petit revenu, ils passent plus de temps dans les jardins… et ont moins de temps pour s’occuper de leurs enfants. Certains enfants, tout en étant présents à l’école, ne sont pas en mesure de suivre les cours quand ils ont trop faim.

_______________________________________________________

La situation en Haïti

Nous n’avons pas beaucoup d’informations, mais le pays ne fonctionne pas comme il le devrait. Les manifestations continuent contre le président Jovenel Moïse qui n’a pas mis en place ce qu’il avait promis : une agriculture soutenue, des écoles gratuites, la santé pour tous… Les routes sont bloquées et les approvisionnement ne peuvent plus se faire, le carburant n’est plus disponible…

Les amis de l’association angevine Solèy Lakay nous ont dit que l’île de la Gonave a souffert des blocages et les bateaux ne circulaient plus. Les habitants n’avaient plus de ravitaillement. La situation est partout éprouvante.

Si vous voulez revoir les causes de tous ces problèmes, Bernard a préparé un résumé qui revient sur leur origine. C’est ICI. 

___________________________________________________

Enock

Nous avons eu des nouvelles : il a quitté Liège pour faire des recherches sur le terrain. Il est arrivé à Cap-Haïtien où il a retrouvé la famille et le soleil. Malheureusement, le pays est noyé sous les problèmes : après le scandale des « pétro-dollars » disparus dans les poches au lieu de réaliser des actions au profit de la population, les pétroliers refusent de livrer le pétrole tant que les dettes ne seront pas réglées : l’essence se vend donc au marché noir et l’électricité ne fonctionne plus dans la deuxième ville du pays.

___________________________________________________

28 mars 2019

Le dernier coup de téléphone de Cledner n’est pas très optimiste. Les difficultés sont présentes et on sent non pas du découragement, mais de la fatigue.

  • La gourde, la monnaie locale continue de se dévaluer : quand nous étions en Haïti il y a un an, il fallait 70 gourdes pour 1 €. Aujourd’hui (21 juin 2019), il en faut 104,67. Cela veut dire que les prix montent, mais ce que les paysans peuvent vendre au marché est bien insuffisant : j’ai souvent entendu cette réflexion : « ce qu’on achète, c’est en dollars et ce qu’on vent, c’est en gourdes ». De plus, le climat n’est pas favorable : la pluie se fait attendre et les récoltes sont faibles.
  • La situation sociale est toujours perturbée par des manifestations pour demander la démission du président Jovenel Moïse.

____________________________________________________________________________________

Comment ça va là-bas ?

C’est la question que posent les amis quand ils nous rencontrent. Pour ceux qui ont vu rapidement quelques minutes montrant les manifestations à Port-au-Prince, je voudrais apporter un complément d’information.

Pourquoi les gens manifestent-ils ?

  • d’abord pour réclamer les « Fonds Pétrocaribe ». Les manifestations ont commencé le 17 octobre 2018, réprimées avec une violence qui a fait au mois 2 morts et des dizaines de blessés.
  • pour refuser la corruption qui ne permet pas l’utilisation  des fonds destinés à des investissements pour le bien de la nation.
  • pour exprimer le découragement d’une population en grande précarité : la vie devient de plus en plus chère, les prix montent et la monnaie nationale, la gourde, est dévaluée : quand nous étions en Haïti, elle s’échangeait à 70 gourdes pour 1 €, et aujourd’hui, elle est arrivée à 93,55 €.

Les bonnes résolutions pour 2019

Comme beaucoup, le début d’année est l’occasion de prendre des bonnes résolutions. C’est ce qui s’est passé à l’école Union des Amis.

Ceux qui ont lu le chapitre Noël, se souviennent que les résultats avaient été médiocres. Quand les enfants sont revenus à l’école après les vacances, ils ont eu droit à une surprise : les cloisons des classes avaient été enlevées et les enfants ont été regroupés pour une « activité de partage ».

Les enseignants avaient préparé des sandwichs et des boissons pour chaque élève. C’était comme une fête, mais avant, il y a eu une bonne séance de motivation pour expliquer l’importance de l’école. Il faut absolument travailler pour obtenir de meilleurs résultats.

Jean-Wislet m’a envoyé le compte-rendu et une photo. Vous les trouverez ICI. 

Maintenant, les enfants n’ont plus qu’à s’y mettre sérieusement ! Des anciens de l’école leur ont montré l’avantage de pouvoir faire des études pour suivre leur exemple…

_____________________________________________________________________

Bonne année 2019

A l’école Union des Amis, l’année a commencé avec une petite « fête » pour encourager tout le monde à faire des efforts et prendre de bonnes résolutions…

Tous, les élèves, les parents, les professeurs souhaitent une bonne année 2019 aux membres de l’Association Timoun Lekòl et à tous ceux qui permettent à leur école de vivre.

La grande fierté, c’est l’exemple de quelques aînés qui ont pu continuer des études avec succès. « L’école a permis de révéler ces richesses qui seraient restées cachées ».

Pour nous, le vœux le plus cher est que le pays trouve enfin une sérénité qui lui permette de révéler toutes ses richesses cachées.

_______________________________________________________

Noël

C’est Noël partout, mais pas dans les mêmes conditions… En Haïti, il y a des « opérations de Noël » avec des distributions de cadeaux, mais ça se passe dans les grandes villes. Pour la campagne, les familles sont loin de tout cela. Noël sera un jour quasiment comme un autre…

Et l’école Union des Amis ? une grande déception pour les parents, les enseignants et les élèves avec les résultats des « compositions » : sur 252 inscrits, 238 ont composé. L’examen a été préparé par les enseignants pour faire un bilan des acquisitions. 120 seulement ont obtenu leur moyenne… C’est une catastrophe d’après Cledner. Il en a été question à la réunion de parents du 21 décembre : quelles sont les raisons d’un tel échec ? Peut-être la situation du pays qui est si difficile : les prix montent, les parents n’ont pas de moyens, les effets du réchauffement climatique se font sentir avec une baisse des récoltes. Il y a aussi les jeux sur les téléphones portables qui prennent l’attention des enfants… Les enseignants ont demandé aux parents de soutenir les efforts de leurs enfants, de les aider à se concentrer sur leur travail. Ils ont aussi rappelé que si l’école fonctionnait, c’était grâce aux efforts de l’association Timoun Lekòl.

Pour marquer la fête, Cledner avait préparé quelques friandises à partager avec les parents. Une autre petite fête se fera avec les enfants à la rentrée.

Et le pays ? La lutte contre la corruption provoque des manifestations dans les villes. De l’argent du développement disparaît sans que personne ne sache ce qu’on en fait… Les infrastructures nécessaires au bon fonctionnement du pays n’existent pas. C’est ainsi que Radio Kiskeya, à Port au Prince, qui est écoutée dans tout le pays parce qu’elle est relayée par des radios locales a été détruite par l’incendie de la maison voisine. Les pompiers ne sont arrivés que plus d’une heure après le début du sinistre… Cette radio, qui donnait une information sûre et vérifiée est donc réduite au silence.

C’est ainsi que c’est seulement grâce à elle que l’information sur des massacres dans un quartier populaire de Port-au-Prince a pu être diffusée. Aucune enquête n’a été menée par les autorités, seulement par le réseau national de défense des droits de l’homme (RNDDH). Le bruit court que les autorités étaient impliquées dans ce massacre…

____________________________________________________________________

 Après le séisme d’octobre 2018

Dans les villes de la région, 79 écoles ont été détruites. Heureusement, la terre n’a pas tremblé  pendant les cours. Il y aurait eu beaucoup plus de morts et de blessés. Mais les cours n’ont pas encore repris parce que les enfants ont peur de rentrer dans les constructions en béton. A l’école Union des Amis, les cours ont repris. Certains enfants avaient été inscrits mais ne viennent pas parce que les finances des parents ne le permettent pas.

______________________________________________________________

La rentrée (septembre 2018)

Ce sera la 29ème ! Déjà 28 ans que cette petite école rurale dans les mornes permet à des enfants d’être scolarisés. Ceux qui ont pu continuer des études et trouver un emploi sont reconnaissants à tous ceux qui les ont aidés. Quand nous y étions en avril-mai derniers, une dame s’est précipitée pour nous dire toute sa reconnaissance : son fils aîné, qui n’avait pu commencer l’école qu’à 14 ans est professeur dans un lycée de Port de Paix, sa fille vient d’obtenir son diplôme d’infirmière et le dernier terminait le cycle primaire pour aller en secondaire.

La rentrée est fixée le même jour qu’en France. Mais comme à chaque rentrée, les difficultés ne manquent pas :

  • Les revenus des paysans dans cette région plutôt luxuriante ne sont pas importants parce qu’il n’y a toujours pas de routes, donc manque de débouchés pour les produits et une grande dépense d’énergie pour les descendre au marché, sur la tête ou avec l’aide des animaux…
  • Les récoltes sont compromises par le climat : il y a eu de la pluie en mai, mais la sécheresse a suivi en juillet-août. En septembre, c’est la saison cycloniques qui commence… C’est pourquoi les paysans attendent la formation à la conservation des sols.

La rentrée se fait donc selon les moyens des parents. A l’école Union des Amis, les maîtres seront sur place dès le 3 septembre pour s’organiser. Ils auront aussi une formation par des normaliens qui viennent donner un coup de main. Souvent, les enfants viennent aussi et la rentrée sera effective le 10.

Ils pourront faire le puzzle trouvé dans une librairie de Port-au-PriP1350035 - 2nce et que nous leur avons laissé : c’était nouveau pour eux, et les maîtres eux-mêmes n’en connaissaient pas le fonctionnement.

_________________________________________________________________

L’année scolaire est terminée (juillet 2018)

Elle s’est même terminée plus tôt en Haïti pour cause de Mondial de Foot ! Même si l’équipe d’Haïti ne participe pas, les matchs sont très suivis dans le pays. Nous avons été surpris de le constater à Port au Prince : en marchant dans la rue, nous entendions des commentaires et des réactions enflammées… En nous renseignant, nous avons découvert qu’il s’agissait d’un match du Real de Madrid… A l’école Union des Amis, j’ai pu constater que les élèves connaissaient mieux les noms des équipes internationales que celles de chez eux.

Les évaluations, données par le ministère de l’éducation nationale, ont été réalisées plus tôt pour la même raison. A l’école Union des Amis, 257 élèves ont « composé », et 194 ont eu la moyenne, soit un peu plus de 75 %. Les résultats sont décevants pour les élèves de 6ème année qui terminent le cycle primaire : 26 ont eu la moyenne sur 35. Il paraît qu’avec les téléphones, les enfants sont moins assidus au travail. Un autre difficulté rencontrée, c’est le manque de matériel : les parents n’ont pas les moyens d’acheter les fournitures et les conditions climatiques ne permettent pas toujours de garder les livres et les cahiers dans de bonnes conditions.

La nature autour de l’école est luxuriante, mais le climat est difficile et le manque de débouchés ne permet pas aux paysans d’avoir des revenus suffisants. Quand nous y étions, les haricots étaient plantés dans de bonnes conditions, il pleuvait presque chaque soir et le soleil était là dans la journée, mais depuis, c’est la sécheresse. Tous les plants n’arriveront pas à maturité… La récolte est compromise.

___________________________________________________________________

Les résultats scolaires (janvier 2018)

Les évaluations de fin de trimestre sont préparés par l’Etat (l’école doit participer aux frais !…) A l’école Union des Amis, sur 265 élèves qui ont « composé » , 202 ont eu la moyenne. Dans la classe de 6ème année, 22 sur 37 ont eu la moyenne. Leur professeur a la réputation de noter sévèrement, pour que les élèves soient encouragés à travailler et qu’ils n’aient pas de surprise désagréable en arrivant dans une autre école. Ils auront un on niveau. Dans l’ensemble, les élèves de l’école préfèrent les examens de l’Etat, ils les trouvent plus faciles que ceux proposés par leurs enseignants !…

Vous avez remarqué le nombre d’enfants : 265. L’année dernière, ils étaient 340. Les effectifs sont donc en baisse. Les causes en sont variables : la suppression de la subvention qui ne permet plus de financer les fournitures scolaires, l’ouverture d’autres écoles dans des zones voisines. Les enfants vont alors à l’école la plus proche. Il y a aussi la situation des parents qui n’ont pas toujours les moyens de payer les uniformes et les fournitures scolaires.

Cledner remercie tous ceux qui tiennent bon. Le pays est vraiment décourageant, parce que les dirigeants n’ont pas la volonté d’aider le pays à se développer, ni de lutter contre la corruption… Mais, comme on dit là-bas, « kenbe fèm », tenez bon !

 ____________________________________________________________

C’est Noël !

A cette occasion, les enfants retourneront dimanche 24 à l’école. Ils feront des décorations pour donner un air de fête. Ils chanteront des chants de Noël. Les maîtres préparent un petit goûter pour manifester la joie de Noël et pour réfléchir ensemble sur le thème :

« Noël, c’est le partage »

Kerline, la sous-directrice de l’école m’a demandé de souhaiter un bon Noël aux membres de l’Association TImoun Lekòl.

 _________________________________________________________

Novembre 2017

La rentrée s’est bien passée, mais le nombre d’élèves a diminué : cette année, ils sont  246 inscrits. (Certaines années, ils étaient 350, 370 et ont même dépassé 400.) Plusieurs causes provoquent cette diminution : suppression de la subvention de l’état, récoltes diminuées suite aux cyclones, et surtout la hausse du coût de la vie et des fournitures scolaires. L’Etat promet des fournitures gratuites ou au moins subventionnées. Au lieu de ça, certains livres ou cahiers ont augmenté de 100%. Par exemple, un livre qui coûtait 250 gourdes est passé à 500 gourdes (6,80€).

L’Association leur a envoyé 1500 $US pour les frais de fournitures. Merci à ceux qui ont participé. Pour ceux qui voudraient participer financièrement, vous aurez tout les renseignements sur le document à charger ICI.

_________________________________________________________

Septembre 2017

L’actualité du jour, vous n’avez pas pu passer à côté, ce sont les cyclones : Irma, José et Katia. L’inquiétude était grande pour Haïti après avoir vu les images des dégâts dans les îles de Saint Martin et de Saint Barthélémy. Tout le monde se souvient des dégâts du cyclone Matthew l’année dernière. Nous avons suivi sur Internet des reportages qui montrent le président Jovenel Moïse informant la population que des centres d’accueil sont prévus pour que les gens qui habitent au bord de mer puissent se réfugier. Nous savons qu’à Saint Louis du Nord, une bonne partie des maisons sont en bord de mer, comme au Cap-Haïtien. En cas de débordement de la mer, il y aura des victimes… Dans les reportages, les Haïtiens comptent sur « Bon Dye bon » pour échapper au désastre !  Pour Cledner, les responsables affichent la misère du pays pour récupérer des dons, mais les plus pauvres n’en voient jamais la couleur ! Il y a plus de « patripoches » que de patriotes dans ce pays !7244313_web-fdj-soc-ouragan-irma-jose-katia-caraibes

A Duty, ils ne craignent pas les inondations puisqu’ils sont dans les mornes mais les glissements de terrain, les ruisseaux qui se transforment en torrent, la boue … et le vent.

J’ai eu Cledner au téléphone vendredi 8, à midi heure locale. Il était à Saint Louis du Nord. Lui qui habite pas loin de la mer n’a pas eu connaissance d’un abri où il pourrait se réfugier… Chacun devra se débrouiller comme il peut ! Loin de la capitale, les habitants du Nord-Ouest ont l’habitude…

Le téléphone était de nouveau opérationnel à Duty (le signal avait disparu dans les quelques jours précédant le cyclone) et il a pu avoir des nouvelles du secteur : les jardins ont beaucoup souffert : des arbres déracinés, les fruits tombés au sol, des plantes noyées. Quelques maisons ont vu des tôles arrachées de leurs toits. Je le rappellerai pour en savoir plus quand le cyclone sera plus loin. Comme vous le voyez sur la carte, l’œil du cyclone est passé au large, au nord de l’île.

Et la rentrée ? 

Elle se prépare. Les enseignants viennent de passer trois jours en formation. Chaque année, l’école invite un normalien à venir partager ses connaissances avec les professeurs. La rentrée des élèves devait se faire lundi prochain 11 septembre, mais Cledner pense que  le ministère de l’Education Nationale va devoir la décaler d’une semaine à cause du cyclone Irma.

Août 2017

L’année scolaire s’était bien terminée, avec de bons résultats pour la classe de 6ème année qui correspond à notre CM2. Pendant les vacances, les élèves ont profité de leur liberté, mais ils ont aussi aidé les parents à la maison et dans les jardins.

Les vacances vont bientôt se terminer. Cledner a déjà organisé les achats de fournitures scolaires. Malgré le manque de moyens, il tient à ce que les élèves des premières classes aient des livres et des fichiers. Il est important qu’ils aient les meilleures conditions pour travailler.

Au plan national, l’Etat est toujours défaillant à soutenir l’éducation. Le précédent président avait promis l’éducation gratuite et obligatoire pour tous, mais les financements ne suivent pas. L’école Union des Amis n’a plus de subvention. En 2016-2017, seule la classe de 6ème année a reçu un soutien. Pourtant, chaque transfert d’argent est ponctionné de 1,50$, quelle que soit la somme envoyée. Mais dans un pays corrompu, certains directeurs d’école détournent les fonds. Malgré quelques actions de la justice, c’est plus généralement l’impunité. L’exemple vient d’en haut : un article d’AlterPresse sur le projet de budget de l’état, voté par les députés le 10 août dernier : 17.6% de crédits budgétaires sont alloués à la rubrique « autres administrations (caisse occulte) ». Ce qui constitue le premier poste du projet de budget 2017 – 2018, alors que 15.7% de crédits sont réservés au Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp). Si vous voulez voir l’article en entier, vous pouvez cliquer sur ce lien ou le recopier:  http://www.alterpresse.org/spip.php?article21978#.WZxpmyhJZPY

Cledner n’attend pas l’aide de l’Etat, et il regrette que ce soit l’aide de l’Europe qui leur permettent d’instruire leurs enfants.

Je lui ai envoyé ce matin 1500$ pour aider…  Je compte sur tous les amis pour nous soutenir.

Les chèques sont à envoyer à l’école N-D M 32bis rue de la Brisepotière 49100 ANGERS

MERCI

________________________________________________________________

Avril 2017

Cette fois, je vous transmets un courriel envoyé par un ancien élève de l’école Union des Amis. Il était présent à l’anniversaire de l’école et tient à dire sa reconnaissance, lui qui n’aurait sans doute pas pu suivre une scolarité.

Bonjour à vous tous qui avez accompagné plus d’un dans la réception du pain de l’éducation.

Grâce à vos supports et le dévouement de certains d’autres, la communauté ansafoloise (qui habite la commune de l’Anse à Foleur où se situe l’école Union des Amis) connait plusieurs professionnels comme des avocats, des peintres, des environnementalistes, des ingénieurs-agronomes, des cuisinières, des éducateurs, etc…

Aujourd’hui le travail n’arrive pas à sa fin. Au contraire, nous allons continuer la lutte en nous mettant face à la réalité. Nous avons appris. Maintenant c’est l’heure de poser des actes, c’est l’heure d’appliquer les théories que nous avons apprises.

Je suis sûr que vous ne regrettez pas. Vos actes sont nobles. Le grand maître de l’univers vous les rendra.

Bonne fin de semaine ! Je vous aime beaucoup !

Enock CHARLOT
Peintre 
Ingénieur-Agronome
Environnementaliste

____________________________________________________________

Février 2017

« La vie continue petit, petit ». Il faut dire que les difficultés ne manquent pas :

  • En décembre et janvier, il a beaucoup plu. Les récoltes ont donc été compromises. Au début du mois de janvier, le choléra a redoublé avec la pluie. Une petite fille de l’école, Loudline Jeunejean, 8 ans, a été contaminée. On l’a descendue au dispensaire de Duty, mais les soins n’ont pas suffi. on l’a alors emmenée au dispensaire de l’Anse à Foleur, trop tard. C’est le problème de ces zones isolées : les soins ne sont pas facilement accessibles.
  • Le pays a trouvé un Président. Il a été élu difficilement après des complications pour fraudes (le premier tour a eu lieu début août 2015 !) et seulement 20% des électeurs sont allés voter…
  • La réunion de parents du mois de février a porté sur un problème d’éducation : « nous sommes entrés dans un système étranger sans que nous y soyons préparés » m’a dit Cledner. Cette évolution, c’est celle apportée par les téléphones modernes qui permettent des connexions Internet, même si les ordinateurs n’y ont pas encore accès. Les enfants sont rentrés dans le système et les parents s’inquiètent des conséquences sur les résultats scolaires. De plus, les moyens limités ne permettent pas de satisfaire les enfants qui en veulent toujours plus et qui passent du temps surtout sur les jeux, les musiques… Les parents ne maîtrisent pas non plus les nouveaux appareils qui sont parfois offert par des membres de la famille qui vivent aux États-Unis. Il a fallu réfléchir à une positions pour l’école : les téléphones y sont interdits et la sanction c’est la confiscation jusqu’aux prochaines vacances…

______________________________________________________________

Joyeux Noël 2016

Ici, nous ne risquons pas d’oublier l’approche de Noël avec toutes ses « obligations » de notre société de consommation.

En Haïti, certaines familles favorisées auront un Noël qui ressemble au nôtre, avec peut-être même un sapin enneigé et des guirlandes lumineuses.

A Duty, le cyclone Matthew a fait des dégâts moins importants que dans le sud du pays, mais surtout, la pluie a continué de tomber en novembre et en décembre, détruisant les récoltes. Les paysans n’ont pas eu de ressources.

J’ai eu Rosena au téléphone, la directrice de l’école, qui me dit que la vie est devenue très difficile. Pour Noël, ce sera un jour comme un autre. Les enfants n’auront pas de cadeaux. Je suis sûre qu’ils garderont tout de même le sourire… Ils continueront de jouer avec ce qu’ils auront fabriqué.

Kerline, une institutrice, m’a expliqué qu’en novembre et décembre, venir à l’école était très compliqué : il y avait tellement de boue que les chemins étaient glissants et les enfants arrivaient en retard. Dans ce cas-là, ils n’étaient pas punis pour le retard, mais au contraire encouragés et félicités pour l’effort qu’ils faisaient pour venir à l’école. Ils sont en vacances depuis le 19 décembre et reprendront le 9 janvier 2017.

Toutes les deux nous souhaitent un joyeux noël, que nous ne les oubliions pas et que nous tenions ferme. Elles pensent bien à nous. Elles nous disent merci encore et encore pour tous les efforts que nous faisons.

Bonne année 2017 à tous, que la solidarité continue à porter ses fruits dans les mornes de Duty, là où le jardin est bien entretenu.

______________________________________________________________

Les nouvelles de novembre 2016

Elles ne sont pas très bonnes, la météo continue de poser des problèmes : après le cyclone, la pluie tombe en provoquant des inondations, des pertes de jardins et de bêtes.

Voilà comment Jean-Wislet, le neveu de Cledner le raconte dans son courriel : 
« Salut Madame Bernard! comment ca va pour vous là-bas? Pour nous Haïti ça va de mal en pis car ça fait quelques semaine la pluie ne cesse jamais de tomber. Beaucoup de dégâts enregistrés suite au cyclone Matthew et maintenant une forte pluie depuis quelques semaines cela provoque des inondations à Cap Haïtien et toute la famille a subi les inondations. Du côté de Bas de Sainte Anne beaucoup de Jardins ont disparu. Dans le domaine de l’élevage beaucoup de bétails  ont disparu aussi et pas mal de maisons qui sont endommagées.Voila en gros comment évolue la situation en Haïti. »

J’ai eu Cledner au téléphone pour savoir si nous pouvions faire quelque chose, comme envoyer un financement pour des semences, des plants, des bêtes à élever… Pour lui, ce n’est pas une aide positive parce que le problème sera toujours là. Son rêve, c’est d’organiser une formation des paysans en agroécologie et agroforesterie. Des anciens élèves ayant fait des études d’agronomie sont prêts à participer. Nous allons faire une demande de subvention pour nous aider à obtenir un budget. Ils ont un projet qui pourrait donner de la formation à 280 paysans qui sont en attente.

« Ce programme d’accompagnement technique va permettre aux cultivateurs de protéger leurs parcelles contre l’érosion en dressant des rampes enherbées suivant des courbes de niveau. En utilisant du compost, des insecticides naturels, le revenu des agriculteurs peut augmenter. Bref, ce projet sera vital pour la communauté et ses environs en y revalorisant l’activité agricole. »

En attendant, l’école doit continuer à fonctionner malgré toutes ces difficultés. Merci à tous ceux qui ont déjà répondu à notre appel. N’oubliez pas que la date du 31 décembre est impérative pour que vous puissiez déduire votre don des impôts.

MERCI A TOUS

_________________________________________________________________

Le cyclone Matthew  (début octobre 2016)

Vous avez vu les images de catastrophe provoquées par ce cyclone. Les modestes maisons recouvertes de tôles ne résistent pas au vent. Les plus pauvres n’ont pas les moyens de construire sur des terrains sécurisés et les maisons construites trop près de la mer ou d’une rivière sont emportées trop facilement.

Dans le Nord-Ouest, le cyclone a fait moins de ravages, surtout au niveau des inondations, mais dans la région de Duty, le vent a soufflé très fort deux jours avant le cyclone en emportant les fruits qui arrivaient à maturité et en détruisant tous les jardins. Les paysans n’ont pas perdu leur maison, mais leurs terres montagneuses ont été dévastées, dértuisant leurs récoltes. Le nombre d’enfants inscrits à l’école risque de diminuer. Nous avons déjà envoyé 1500 $ pour les fournitures scolaires, mais ce ne sera pas suffisant pour aider toutes les familles dans le besoin. Nous continuons à envoyer 1000$ par trimestre pour faire vivre cette école. Merci à tous ceux qui nous le permettent.

La rentrée a été difficile cette année à cause de la situation du pays : il n’a plus de président depuis les dernières élections qui ont été entachées de fraudes. Pour retourner voter, le gouvernement provisoire et le conseil électoral avaient programmé la date du 9 octobre dernier. Le cyclone a fait tellement de ravages : routes, ponts, écoles, mairies, services de communication, qu’il a été décidé de reporter de nouveau cette élection. Cela provoque une insécurité qui n’a pas permis à la rentrée d’avoir lieu le 5 septembre comme prévu. A l’école Union des Amis les enseignants étaient présents dès ce jour pour préparer cette nouvelle année scolaire. Les enfants sont arrivés le 12, mais pas tous. Et avec le cyclone, les difficultés vont aller grandissant.

Nous comptons sur vous pour nous aider à leur manifester notre solidarité.

_______________________________________________________

L’année scolaire est terminée

En Haïti, elle s’est terminée un peu plus tôt que prévu. La cause ? le foot !

Cledner m’a expliqué que l’absentéisme risquant d’être trop important, le Ministère de l’Education Nationale a décidé que les écoles fermeraient plus tôt. D’abord, j’ai pensé qu’il s’agissait de la « copa america » dans laquelle l’équipe nationale d’Haïti était engagée, sans être qualifiée pour les 8e de finales… Mais les télés diffusent aussi les matchs de l’Euro que les Haïtiens suivent de près ! Les Haïtiens sont surtout motivés par les joueurs mondialement connus comme Ronaldo !

Lors de mon dernier voyage, j’ai découvert qu’un des instituteurs avait investi dans une télé, un panneau solaire et un abonnement au satellite. Il organise des séances ouvertes au public (moyennant participation financière) pour les événements importants comme des coupes de foot. Je ne pense pas qu’il puisse s’enrichir vraiment de cette manière, mais c’est une façon d’animer le quartier…

Donc, les écoles ont fermé leurs portes. Les contrôles de fin d’année sont faits. Le ministère a envoyé les épreuves pour qu’elles soient les mêmes dans toutes les classes du pays. Voici les résultats pour l’école Union des Amis :

340 élèves (sur 371) ont composé : 214 ont eu la moyenne, 126 sont restés au-dessous. Pour la dernière année, ils étaient 49 et seulement 29 ont eu leur moyenne. Pour Cledner, le résultat montre  l’influence de la situation du pays sur les enfants. D’habitude, les résultats sont meilleurs.

Pour la subvention, il restait encore 3 classes : 4ème, 5ème et 6ème années, mais pour 2016-2017, il n’en restera plus que deux. Cela veut dire qu’il n’y aura plus d’aide pour les livres et les fournitures. Certains enfants n’en auront pas. Et la subvention pour 2015-2016 n’a toujours pas été versée entièrement, mais ils ont l’habitude : ils doivent attendre mais elle arrivera…

_____________________________________________________________

La situation en Haïti

Les nouvelles de Cledner sont bonnes. Il se remet. D’autres n’ont pas eu cette chance. Souvent, c’est à cause du manque d’infrastructure de santé qui ne permet pas aux malades d’être traités correctement assez rapidement.

Après l’épidémie de dengue et de chikungunya, Haïti redoute une nouvelle épidémie, déjà répandue au Brésil : la fièvre ZIKA. Pour en savoir plus, je vous propose d’aller voir sur le site d’un hebdomadaire haïtien, le Nouvelliste.

Pour ce qui est de la situation politique, les élections sont toujours aussi compliquées dans ce pays. Après de nombreux cas de fraudes, la situation risque de se bloquer. Si vous voulez suivre les événements, vous pouvez consulter le site AlterPresse

_________________________________________________________________________________________

Décembre 2015

En appelant Cledner le 1er décembre dernier, une mauvais surprise m’attendait : il était à l’hôpital, atteint par l’épidémie de choléra. C’est une maladie qui n’existait pas en Haïti et qui s’est développée à partir de 2011.Si vous voulez en savoir plus sur cette maladie, vous pouvez consulter le numéro de septembre dernier de « Nouvelles Images d’Haïti » publié par le Collectif Haïti de France (Geneviève et Bernard font partie du comité de rédaction). Vous y trouverez un historique qui rappelle pourquoi Haïti avait été protégé jusque là et un descriptif de la maladie.

Cledner avait mis en place une action contre cette maladie. Il avait observé que les actions des organisations arrivaient près des routes, mais rien n’était fait pour les familles dans les mornes. Avec les dispensaires, il a donc engagé, avec notre aide financière, 3 agents de santé, formés par les infirmières du secteur, pour informer la population et leur apprendre les gestes indispensables pour éviter la maladie. Il était donc lui-même informé, mais dans un pays où les familles n’ont pas accès à l’eau courante, ni aux latrines, l’épidémie reprend à chaque épisode pluvieux. Actuellement, il y a une forte recrudescence dans le département du Nord-Ouest.

Au moment où j’écris cet article, Cledner est rentré chez lui, très fatigué mais hors de danger. J’ai pu lui parler quand il était à l’hôpital et sa voix était très faible. Aujourd’hui (6 décembre) sa voix était plus dynamique. Il m’a précisé que dans la zone de l’école, les cas se multiplient. Il faut savoir que les porteurs du germe sont contagieux pendant 7 à 14 jours avant que la maladie ne se déclare.

Un proverbe haïtien nous dit « maldi rive a chwal, li tounen apye », la maladie arrive à cheval et retourne à pied. Il lui faudra donc un peu de patience pour sa convalescence et nous lui souhaitons une bonne santé, ainsi qu’à tous le membres de l’école, professeurs, parents et élèves qui sont confrontés à cette épidémie.

Si vous voulez faire un don qui sera comptabilisé pour l’année 2015, merci de l’envoyer avant le 31 décembre au trésorier de l’association : Thierry ROUSSELET, 31 rue des Fours à Chaux, 49100 ANGERS

Pour aller plus loin, vous pouvez télécharger le formulaire

_____________________________________________________________________

Août 2015

La situation de l’école

L’année 2014-2015 a été marquée par la suppression du Certificat de Fin d’Études Primaires (CEP). Le ministère de l’éducation nationale envoie les sujets de contrôle dans toutes les écoles pour que tous les élèves fassent les mêmes. Pour les 40 élèves de la dernière année, 33 ont eu la moyenne. Parmi ceux qui ne l’ont pas obtenue, certains se sont plaints des corrections de leur professeur qu’ils ont jugé un peu sévères… Sur les 379 élèves de l’école Union des Amis, 364 ont composé et 244 ont eu la moyenne (67%).

La moitié de la subvention promise pour 4 classes est arrivée en juin. Dans les écoles nationales, certains enseignants reçoivent parfois des chèques sans provision…

Comment compter sur un état aussi absent ?

La situation du pays

L’année 2015 a eu son lot de difficultés :

– le choléra est toujours présent et même en augmentation en 2015 par rapport à 2014. Cledner me parle de cas qui reviennent régulièrement. Tant que la population n’a pas accès à l’eau potable, le problème ne sera pas résolu. L’école continue d’assurer la prévention au niveau des élèves et des parents.

– la sécheresse sévit sur le pays depuis des mois. Cette année, les récoltes ont été faibles. Les parents auront du mal à financer les fournitures scolaires.

– la République Dominicaine a changé le droit des étrangers en supprimant le droit du sol. De nombreux Haïtiens sans papiers sont expulsés sans même pouvoir retourner chez eux, prévenir leur famille ou prendre leurs maigres biens. Certains ne parlent pas le créole et n’ont plus de liens en Haïti. Un plan de régularisation des étrangers a été mis en place pendant un an, mais le gouvernement haïtien n’a pas été en mesure de fournir les extraits de naissance de leurs ressortissants. Les expulsés sont donc devenus apatrides, et l’État haïtien vient de préciser qu’il refuserait d’accueillir les apatrides. Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous ai sélectionné un article du GARR (Groupe d’Appui aux Réfugiés et Rapatriés), un autre de Libération.

Pour mieux comprendre les origines du racisme anti-haïtien en République Dominicaine, un autre article paru sur AlterPresse.

– la situation politique est toujours aussi chaotique. Le pays était en attente d’élections depuis 2011 : les députés et les 2/3 des sénateurs ont terminé leur mandat. Les élus locaux ayant également terminé leur mandat, les communes sont gérées par des responsables nommés par le Président Martelly. En vue de préparer ces élections, le président a décidé par décret en avril 2014 que, pour créer un parti politique, 20 personnes suffisaient, au lieu des 500 précédemment. Le nombre de partis a donc augmenté et les candidats se sont multipliés sans avoir de vrai programme politique.

Des élections ont été enfin organisées le 9 août dernier pour élire 118 députés et les 2/3 du sénat. Avec 166 partis représentés, les électeurs ne se sont pas mobilisés : 10% seulement à Port au Prince, 18% dans l’ensemble du pays. Le 2ème tour aura lieu le 25 octobre, en même temps que l’élection présidentielle (55 candidats !…) et les élections municipales. Vous trouverez le détail dans cet article qui décrit le fonctionnement du Conseil Electoral Provisoire, responsable de l’organisation de ces élections.

Les observateurs étrangers sont satisfaits de la tenue de ces élections, mais les observateurs des organisations haïtiennes de défense des droits de l’homme sont moins optimistes dans cet article d’AlterPresse.

Avec toutes ces informations négatives, pas de découragement là-bas. Ils comptent bien fêter les 25 ans de l’existence de l’école « Union des Amis ». Allez sur la page d’accueil pour en savoir plus. Bonne rentrée à tous, ici et là-bas.

________________________________________________________________________________________________

Juin 2015

La situation en Haïti est toujours un peu compliquée. Si vous voulez suivre les difficultés du pays à organiser les prochaines élections, vous trouverez les informations intéressantes, données par le site d’une agence de presse de référence : http://www.alterpresse.org/

Pour l’école, la difficulté principale vient de la subvention promise. Nous en avons déjà parlé dans nos précédents articles. Cette subvention a été très bénéfique : cette année, 40 élèves sont présents dans la classe du certificat au lieu de la vingtaine habituelle.
Mais comme en Haïti, rien n’est assuré, l’Etat a décidé de supprimer l’examen du certificat. Son objectif est que les élèves continuent leurs études jusqu’au brevet et remplir ainsi un cycle fondamental de 9 années (ça correspond pour nous au primaire et secondaire). Pour les enfants des familles aisées, qui vivent en ville, le certificat est certes inutile. Pour ceux des campagnes, dont les parents ont peu de moyens, la fin des études étaient matérialisée par ce diplôme.

Depuis cette année scolaire, l’Etat envoie en fin de trimestre des bilans à faire passer dans toutes les classes. C’est le résultat qui pourra servir aux élèves pour rentrer en secondaire.

Depuis plusieurs années, l’inspection académique insiste auprès de la directrice pour qu’elle ouvre des classes secondaires à l’école Union des Amis. Ce serait sûrement apprécié, mais avec quels moyens ?

Pour la subvention, l’école n’a toujours rien reçu. L’Inspecteur d’Académie avait averti l’école, 2 semaines après la rentrée, que les deux premières classes n’auraient pas de subvention. Mais il n’avait pas précisé que les autres classes seraient exclues également… La suppression devait se faire année après année, classe par classe.

Cledner me dit que pour les enseignants de l’école Union des Amis, ils se débrouillent, mais pour les écoles moins bien organisées, les maîtres n’ont reçu aucun salaire depuis septembre.

Vous comprendrez que nous ne pouvons combler ce manque, mais nous avons besoin de vous tous. Notre site n’est pas « équipé » pour que vous fassiez un don en ligne, mais vous pouvez envoyer un chèque à l’association. Les renseignements sont ici.

_________________________________________________________________________________

15 janvier 2015

Je vous transcris la conversation téléphonique avec Cledner :

« Haïti est un pays « tête chargée » ! Beaucoup de leaders travaillent pour leur profit personnel. Le gouvernement ne travaille pas pour les besoins des gens.

L’école qui est là depuis 25 ans a permis à la zone de changer : les jeunes sont à l’aise entre eux, l’école leur a permis d’être plus conscientisés et réactifs à leurs problèmes, le nombre d’adultes alphabétisés a augmenté, … Grâce à l’association Timoun Lekòl, des actions ont pu être réalisées : prévention du choléra, formation agricole après des glissements de terrain. »

Les enfants ont « composé » en fin de trimestre : sur 371 inscrits, 5 absents, 200 ont eu leur moyenne, 166 ne l’ont pas eue. Pour Cledner, les enfants sont sensibles à leur environnement : la situation politique instable, la sécheresse du mois de septembre, suivie par de grosses pluies destructrices, les difficultés des parents,… Nombreux sont ceux qui ne peuvent rembourser à l’école les frais des fournitures scolaires des enfants non subventionnés.

Pour les adultes, la crainte est la suppression progressive de la subvention : cette année, 2 classes ont été rayées des bénéficiaires et il est facile d’imaginer que ça continue année après année, jusqu’à une suppression complète. L’avantage était pourtant visible : les effectifs du certificat 2015 sont montés à 40 alors que jusque là, ils étaient autour de 20.

Le courage est là. Les vœux pour 2015, c’est que la collaboration entre nous se poursuive malgré les difficultés. Dans le jardin qui attend la pluie pour donner ses fruits, les jardiniers sont à l’ouvrage. Nous ne pouvons pas ne pas leur envoyer nos gouttes d’eau. Merci à tous ceux qui nous le permettent.

Geneviève

_________________________________________________________________________________________________

La subvention de l’école Union des Amis.

L’école reçoit une subvention depuis la rentrée 2008. Chaque année, une classe est dotée d’une subvention selon le nombre d’élèves inscrits dans l’âge normal. Les redoublants perdent la subvention. Les fournitures sont financées par l’État, ainsi que le salaire du professeur.

A chaque rentrée donc, la subvention suivait les élèves à condition qu’ils ne redoublent pas et restent dans l’école. Ce qui les a bien motivés. C’est en partie l’explication du nombre d’élèves dans la classe du certificat. Les autres années, ils sont entre 15 et 20, cette année, ils seront 40 à passer l’examen.

Malheureusement, 3 semaines après la rentrée, l’école apprend que la subvention ne sera pas reconduite pour les classes de 1ère année. Cledner m’a dit au téléphone que pour cette année, ils vont s’arranger, mais les parents n’auront pas tous les moyens de payer les fournitures scolaires. Il pense que la subvention va disparaître année après année. Il espère que les enfants entrés dans le cycle pourront le poursuivre juqu’à la fin des études primaires.

Les difficultés ne manquent jamais… Et à chaque fois, les enseignants, les parents font leur possible pour que leur école continue d’accueillir des enfants qui ne pourraient pas suivre une scolarité sans l’Union des Amis.

Merci d’avance pour ce que vous pourrez faire. Vous pouvez devenir membre de l’Association pour 2014 ou faire un don (avant fin décembre pour qu’il puisse être déduit de vos impôts 2014.

Pour cela, le formulaire est ici.

___________________________________________________________________________________

La rentrée 2014

C’est toujours grâce au téléphone sur Internet que je peux appeler Cledner.

Les vacances sont terminées

Les vacances sont terminées

D’abord, il faut dire que la date officielle de la rentrée était le 8 septembre. Quasiment aucune école n’était ouverte. Depuis le tremblement de terre, la rentrée avait été reculée début octobre pour permettre aux parents d’avoir le temps de trouver le financement pour les frais. Comme deux années de suite, la rentrée avait été reculée au dernier moment, les parents ont attendu d’être sûrs que les enseignants seraient présents pour envoyer leurs enfants.

L’Union des Amis a commencé le 15 septembre, alors que les autres écoles du secteur ont attendu le 22. Du coup, les enfants sont arrivés au compte-goutte : 55 le lundi 15, 100 le mardi, 120 le mercredi… Les parents attendent d’être sûrs que l’école soit ouverte pour envoyer leurs enfants. La semaine du 22, il y en avait 261 le lundi et 282 le mardi. Ils sont arrivés à 350 le lundi suivant. Cledner pense qu’il y aura autant d’enfant que l’année précédente : environ 380.

L’école Union des Amis ne reçoit plus les enfants après un mois de fonctionnement de l’école. Certaines écoles les acceptent tout au long de l’année.

Pour la classe du certificat, ils sont déjà 38. Ils n’ont pas attendu pour rentrer. L’enjeu de l’examen à la fin de l’année peut-être. Il y en aura peut-être 42 en tout.

Pour les 25 ans de fonctionnement de l’école, l’année prochaine, Cledner aimerait faire une évaluation de ce qu’elle a apporté à la zone. Depuis son ouverture, le pourcentage d’illettrés a diminué. Cledner pense que 70% des jeunes savent lire et écrire, le même pourcentage qu’en ville.

Je lui parle aussi des activités de l’Association ici à Angers. Il en parle avec les enseignants et assure que les efforts que nous faisons, à travers les actions comme le couscous, leur donne du courage. Parce que si  nous qui sommes loin, nous faisons des efforts pour trouver la pluie qui arrose le jardin, pour eux, c’est leur devoir de faire au mieux, sans se décourager.

Geneviève Grevêche Leray

____________________________________________________________________________________

Les résultats du certificat (août 2014)

L’école « Union des Amis » peut encore être fière des résultats : sur 25 élèves présentés (tous les inscrits de la classe), 23 ont eu leur Certificat de Fin d’Études Primaires.

Lors de notre passage, en mai, ils avaient fait un examen blanc. Pour voir les photos de ce moment, vous pouvez cliquer ici.

Ils s’efforcent de faire au mieux pour montrer leur reconnaissance envers l’Association Timoun Lekòl, c’est ce qu’ils me disent souvent. Ils nous encouragent ainsi à continuer notre action, tout comme notre soutien les encourage à faire tout ce qu’ils peuvent.

Bravo aux enseignants qui ont amené ces élèves à ce niveau et à Madame Judith Julmiste, leur professeur de 6ème année.

Lors de notre dernier entretien avec Cledner, il nous a parlé d’une recrudescence du choléra. Il y a déjà 3 ans que les agents de santé ont été dans les familles pour faire de la prévention en expliquant les précautions à prendre. Il faudrait pouvoir reprendre cette information. Pour le chikungunya, chacun fait avec. Les effets sont différents selon les personnes.

Pour ceux qui voudraient des informations plus détaillées sur Haïti, le site AlterPresse est très intéressant.

____________________________________________________________________________________

Le courrier des enfants (juillet 2014)

A l’occasion du voyage en Haïti,les enfants de l’école Notre-Dame de la Miséricorde ont fait du courrier. Geneviève a mis les dessins et les lettres dans des albums qu’elle a présentés à l’école Union des Amis.       Voir les photos

Pour voir les photos des 10 classes et leurs effectifs, c’est ici.

A leur tour, les enfants de l’école Union des Amis ont fait du courrier pour répondre au enfants d’Angers. Les plus petits ont fait des dessins, et les plus grands ont écrit avec l’aide de leurs maîtres. Vous trouverez ici les lettres scannées

La première, de la 3ème année est en créole. Vous la trouverez transcrite et traduite ici :  Classe de 3ème année A

______________________________________________________________________________________________

L’épidémie de chikungunya (juillet 2014)

Nous avons quitté l’école Union des Amis juste avant le début de l’épidémie de chikungunya. Si vous cliquez, vous trouverez un appel que j’avais préparé pour le dernier petit-déjeuner organisé à Angers.

Depuis, j’ai eu d’autres nouvelles en appelant Cledner lundi soir, 14 juillet 2014. Il a été atteint comme beaucoup d’autres. Nous avions laissé ce que nous pensions être une bonne provision de paracétamol, mais nous n’avions pas prévu l’épidémie. Le stock a vite été épuisé pour soulager la famille et les amis.

Cledner a participé à une rencontre avec les autorités locales et les représentants des 3 dispensaires avec lesquels il avait travaillé à l’occasion de l’épidémie de choléra. Il a été déçu par la participation de l’état qui a « donné » 300 comprimés de paracétamol, (vous avez bien lu 300 comprimés et non 300 boîtes) pour chaque dispensaire qui couvre une population de 15 à 17 000 personnes ! Encore une fois, on constate que l’État n’est pas présent pour soutenir la population dans ses épreuves…

Pour l’école, les 25 élèves du certificat ont passé l’épreuve, mais les résultats ne seront donnés qu’en août. Les autres classes ont « composé » : 232 sur 343 ont eu la moyenne. 14 étaient absents.

Malgré tout, le moral est bon. Tout le monde va profiter des vacances.

________________________________________________________________________________________________

Les fêtes de fin d’année à Duty

Dans les rues des petites villes de province que sont l’Anse à Foleur et Saint Louis du Nord, rien n’a marqué la date de Noël ni du 1er Janvier. C’était comme d’habitude.

IMG_3689

Des petits pains vendus au marché de Duty…
Ils n’ont pas toujours la même forme.
Ils sont faits artisanalement et parfois vendus par des marchandes ambulantes.

Seules, les marchandes ambulantes de pain étaient plus nombreuses que d’habitude. La majorité des enfants n’ont rien eu, ni un gâteau, ni un petit jouet. La population, vivant avec l’aide des membres de la famille immigrés aux Etats-Unis ou aux Bahamas, ne reçoit plus d’argent, ou beaucoup moins. La crise économique atteint ceux qui ont des situations précaires comme souvent les Haïtiens à l’étranger (1).

A l’école Union des Amis, 379 élèves étaient présents en cette fin du premier trimestre pour « composer ». 237 ont eu leur moyenne. 5 étaient absents, vraiment très peu d’absentéisme… Bravo à eux !

L’esprit de l’école, c’est le partage. En cette période où beaucoup d’enfants n’auraient rien, le comité des parents et des enseignants a décidé, avec l’appui du fondateur, Cledner, d’organiser une petite fête le 26 décembre. Tous les enfants étaient présents. Ils ont pu boire des « kola », la boisson traditionnelle locale, manger des gâteaux, des biscuits et des bonbons. C’est l’école qui a financé cette fête avec l’aide des parents « pâtissiers »… Cledner n’a pas voulu y participer pour laisser la place et montrer aux enseignants et aux parents qu’ils pouvaient l’organiser sans lui. Tous étaient heureux et la fête a été belle. Ce fut l’occasion de mettre en pratique ce sens du partage, avec tout son cœur. « L’éducation, ce n’est pas seulement apprendre à lire et à écrire, mais s’ouvrir aux autres, découvrir des valeurs et les mettre en pratique », me dit souvent Cledner.

La façon dont l’école a évolué dans la commune en fait un point fort. Beaucoup viennent demander conseil en cas de difficultés. D’autres écoles aimeraient pouvoir trouver un soutien comme celui de l’école Union des Amis en s’alliant à elle par exemple. Cledner comprend très bien que nos moyens sont limités et que nous ne pouvons pas nous engager davantage. Mais il est toujours là pour donner quelques conseils.

Pour finir, Cledner tient à faire savoir que notre soutien lui donne le courage nécessaire pour continuer dans ce pays décourageant…

Le 1er janvier 2014   Geneviève GREVÊCHE LERAY

(1) Les Haïtiens de l’étranger ont un rôle non négligeable dans l’économie de leur pays. Ils forment un 11ème département qui a même un ministère pour les représenter, le MHAVE, Ministère des Haïtiens Vivant à l’Etranger.

La diaspora haïtienne contribue à hauteur de plus de 1.5 milliard de dollars l’an au développement d’Haïti avec ses transferts d’argent, selon un récent rapport de la BID.

Cependant, le département du Nord-Ouest qui vit en grande partie du support de la diaspora, n’aurait pas été pris en compte dans ce rapport. Ce qui implique que les débours des Haïtiens de l’étranger pourraient être évalués à 3 milliards de dollars et plus.

http://www.radiobalade.com/diaspora.htm

Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer ici :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/01/15/015-Diaspora.shtml

Pour ce qui est de la situation économique du pays, voilà deux articles d’AlterPresse qui pourront vous éclairer.

Haiti-Bilan 2013 : Des grands bruits aux petits riens  P-au-P, 30 déc. 2013 [AlterPresse]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article15719#.UsRHjfvHuSo

Haïti-Bilan 2013 : Gestion peu rassurante de l’économie  P-au-P, 31 déc. 2013 [AlterPresse]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article15727#.UsRGR_vHuSo

____________________________________________________________________________________________________________

Les nouvelles de novembre 2013

J’ai pu avoir Cledner, le fondateur de l’école au téléphone.

IMG_3614 - Copie

Pour eux, ça va petit petit, comme il a l’habitude de le dire. Le pays a des problèmes avec la démocratie. La reconstruction après le tremblement de terre n’en finit pas et la corruption se développe en même temps que la violence, surtout dans les zones urbaines.

L’école n’a recommencé que le 2 octobre, et les inscriptions atteignent 379 élèves répartis dans 11 classes. La bonne nouvelle de cette rentrée, c’est le nombre d’élève en 6ème année fondamentale, l’année du certificat de fin d’études primaires : cette année, ils sont 25.

Fait à Angers le 15 novembre 2013

Geneviève Grevêche-Leray

Pour voir des photos de Duty : cliquer ici