FORMATION DES PAYSANS

La formation des paysans en 2018

Les paysans attendent la formation pour améliorer leur travail. Ils vivent dans une zone luxuriante, mais j’ai découvert qu’ils avaient du mal à « capitaliser ». S’ils ont besoin d’argent pour se faire soigner ou assumer les frais d’un décès dans la famille, leurs revenus ne le leur permettent pas. Un jeune proche de l’école m’a expliqué que dans une région difficile comme Jean Rabel, les paysans misent plus sur l’élevage et en cas de besoin, ils peuvent vendre une bête.DSCF6598 (3)

Alors, pourquoi les paysans de Duty ne pratiquent pas l’élevage :

  • D’abord, ce n’est pas dans les habitudes et il faudrait pouvoir parquer les animaux la nuit. Sinon, ils se font dévorer par les chiens errants. Les Haïtiens en ont peur.
  • Dans une région où il y a beaucoup de culture, les vaches n’ont pas d’espace d’herbe et les chèvres doivent être bien attachées pour ne pas détruire les récoltes.
  • La famille qui nous accueille nous a raconté leurs déboires : ils avaient une truie prête à mettre bas qu’ils ont surveillée dans la soirée, fait un abri pour les petits porcelets et sont allés dormir. Au réveil, les 5 petits avaient été dévorés par des chiens… De quoi se décourager…

Ci-dessous, vous pouvez retrouver la formation qui avait eu lieu l’année dernière. D’autres paysans attendent de pouvoir y participer. J’ai pu confirmer à Cledner un nouveau don de 1600€ pour une nouvelle session très attendue.

Cette fois, l’ingénieur agronome Enock Charlot ne sera pas présent à cette formation puisqu’il arrive le 11 septembre en Europe pour faire une maîtrise à Liège en Belgique. Pour Cledner, quand on voit d’où il est parti, c’est extraordinaire. Cela montre que cette école a eu un rôle de premier plan dans la zone. « Les petites gouttes d’eau ont permis de récolter un gros régime de bananes ! »

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La formation des paysans en 2017

Pour l’école « Union des Amis », l’enseignement des élèves est la priorité. L’école est en milieu rural, entourée de paysans qui ont eux aussi besoin de formation dont ils sont très demandeurs.

Nous avions déjà participé financièrement à une formation des paysans en 2011 après des glissements de terrain dus à des pluies importantes. La demande est toujours là. Un groupe, en France, nous a proposé une aide à la reconstruction après le cyclone Matthew. Le projet envisagé n’était pas une priorité d’autant que les difficultés d’acheminement du ciment, du sable, des pierres compliquent le travail dans cette région montagneuse. Sur place, le comité de l’école a considéré qu’une formation des paysans serait plus importante pour les protéger à long terme puisque chaque année les cyclones reviennent et dégradent les conditions de vie de la population.Sur le terrain

Cette année, deux formations ont été organisées, l’une en avril, l’autre en août pour 35 personnes à chaque fois. L’ingénieur agronome qui en a préparé le contenu, Enock CHARLOT, est un ancien élève de l’école Union des Amis. Il est très reconnaissant à cette petite école rurale où il a pu commencer une scolarité qui l’a conduit  jusqu’à un diplôme d’ingénieur agronome. Il tient à faire profiter son milieu d’origine de ses connaissances. Le technicien, Jean-Wislet JEAN-BAPTISTE, a grandi également dans la zone de Mahotière, où se situe l’école Union des Amis. Ils ont répondu à la demande des paysans de se former pour protéger leur terre, l’empêcher de descendre vers la mer, et mieux cultiver en agro-foresterie, comme leurs parents et grands-parents l’ont toujours fait.

Vous pourrez lire ici : le compte-rendu de la formation, ainsi que le document en créole donné aux paysans. Si vous ne maîtrisez pas le créole, voici la traduction en français de cette même formation. Vous pourrez aussi lire le compte-rendu financier auquel j’ai ajouté l’équivalence en euros.

Merci à la Fondation du Grand Orient de France qui nous a transmis les 1600 € utilisés pour ces formations.